Qu’est-ce que la Sophrologie ?

De sa fondation en 1960 par le docteur neuropsychiatre espagnol Alfonso CAYCEDO à aujourd’hui, la sophrologie est passé par différentes étapes d’évolution sur différents aspects théoriques et pratiques. Son application, quasi-exclusivement exercée dans le milieu médical dans les années 60 à 80, s’est grandement diversifiée pour toucher maintenant tous les domaines de la vie.

Formé à l’École Française de Sophrologie de Montpellier (EFS) de 2017 à 2019, formation de deux ans, dont le fondateur et le directeur Norbert Cassini a été formé par le Dr. CAYCEDO, je vous présente ici la Sophrologie telle qu’elle m’a été enseigné, dans la lignée de la sophrologie authentique.

Pour les curieux : origine et résumé historique du fondement de la Sophrologie

L’origine et l’histoire de la sophrologie est liée dans un premier temps à l’histoire de son fondateur, le Dr. Alfonso CAYCEDO.

Alfonso CAYCEDO obtient son doctorat de médecine en 1959 et se spécialise en neurologie et psychiatrie à la faculté de médecine de Madrid. Jeune psychiatre, il fut rapidement confronté aux limites des moyens thérapeutiques en psychiatrie dont il disposait alors à cette époque. Partant de l’hypothèse que la maladie psychiatrique était une altération de la conscience, il décida de s’intéresser aux diverses connaissances et pratiques susceptibles d’enrichir sa recherche sur ce concept.

Il en fît une étude et une synthèse qui débouchèrent sur la naissance d’une nouvelle discipline qu’il décide de nommer « SOPHROLOGIE », mot bâti sur les racines grecques anciennes : SOS = Harmonie ; PHREN = Conscience ; LOGOS = Étude, d’où une première définition étymologique que donne CAYCEDO :

« SOPHROLOGIE = Étude de l’harmonie de la conscience ».

Il fonde en 1960 le premier département de Sophrologie clinique à Madrid, à l’ancien hôpital provincial Santa Isabel (devenu aujourd’hui le Musée d’Art Moderne) dans le service de neuropsychiatrie du Pr. Lopez Ibor et son objectif était d’aider ses patients à retrouver une conscience plus harmonieuse. Il approfondit ses connaissances en neurophysiologie, psychologie, psychothérapie, philosophie et s’intéressa particulièrement à l’hypnose (bien que s’en dissociant totalement dans son intention) et à différentes méthodes de relaxation.

De 1963 à 1964, il part en Suisse pour travailler avec le Pr. de psychiatrie phénoménologique Ludwig Binswanger avec lequel il apprend l’approche phénoménologique et existentielle de la psychiatrie qu’il appliquera ensuite à son étude de la conscience humaine. La phénoménologie va permettre de renouveler complétement l’approche des phénomènes de la conscience.

De 1965 à 1967, Alfonso CAYCEDO, qui venait de s’intéresser aux pratiques orientales qui commença à se répandre en occident, comme le Yoga qui était pratiqué par son épouse française Colette, il décida d’entreprendre un voyage en Asie au cours duquel il étudia non pas simplement les philosophies orientales, mais surtout les exercices pratiqués depuis des millénaires parmi les grands pratiquants de cette contrée. Il visite donc l’Inde, le Tibet, puis le Japon pour y étudier les phénomènes de la conscience des grands mystiques de l’Orient. Il s’initie au yoga indien, au bouddhisme tibétain et au zen japonais, disciplines qui ont la particularité de placer le corps au centre du processus d’ouverture de la conscience.

En 1968, il retourne en Espagne et s’installe à Barcelone et durant cinq années il mit au point une méthodologie s’inspirant de ses découvertes en Orient qu’il intitula la “Relaxation Dynamique” (relaxation dans le sens de libération, dévoilement de la conscience), pratique divisée en trois degrés et qui vise le développement de la conscience dans la relation au corps. À savoir que si ces exercices sont inspirés de pratiques orientales, il n’y a ni références religieuses ou spirituelles et ni postures obligatoires qui entrent dans le champ de la Sophrologie.

Au cours des années 1970, le Pr. Alfonso Caycedo développe les fondements de sa méthode visant le développement progressif d’une plus grande qualité de conscience. Il réussit à réaliser un pont entre des pratiques psycho-corporelles orientales et les connaissances scientifiques occidentales, tout en s’appuyant sur une approche phénoménologique et existentielle.

À partir de 1980, la sophrologie se répand en Europe avec la création de différentes écoles. Son application dépasse désormais le milieu médical pour être pratiquée pour tous les champs de la vie humaine, aussi bien personnel (sport, études, développement personnel, préparation à l’accouchement, …) que professionnel (efficacité professionnelle, prévention au stress au travail et burn-out/bore-out, qualité de vie au travail, …).

En 1992, le Pr. Alfonso CAYCEDO renouvelle la définition de la Sophrologie :

« SOPHROLOGIE = Science de la conscience et des valeurs de l’existence ».

La démarche sophrologique sous-tend toutes les approches spécifiques aux différents champs d’application de celle-ci, s’intéressant au vécu de l’existence humaine.

Qu'est-ce que la Sophrologie ?

La sophrologie est une démarche qui vise la découverte et la connaissance de soi par le développement (= dévoilement) de sa conscience de soi et de sa relation à la vie, afin de redécouvrir sa propre façon la plus juste pour soi et la plus naturelle d’être dans le monde.

Elle s’appuie sur une méthodologie et une pratique d’exercices qui permet à l’individu de développer et de renforcer ses capacités et ressources internes qui lui permet progressivement d’atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixé en ce sens pour son propre épanouissement.

Elle privilégie avant tout l’expérience vécue et l’autonomie de la personne considérant que c’est à travers l’expérience consciente individuelle et sociale de sa propre existence que chacun peut découvrir la manière de construire sa propre personnalité.

La sophrologie n’est ni une psychothérapie (elle n’aborde absolument pas la notion d’inconscient), ni une méthode psychologique (l’analyse n’est pas son mode de fonctionnement).

C’est plutôt une démarche méthodique qui propose une pratique d’exercices psycho-corporels visant le dévoilement progressive de la conscience de soi et de sa relation à la vie (processus progressif de découverte – développement – intégration).